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NOCTURNES





Dans l'usure des heures
La volonté d'avancer
Demeure en l'espoir
Du renouveau qui nous porte
Sa musique aux accents
De tendresse
Et de sourires radieux
Berce le cœur éloigne l'orage
Du Rêve
Rapproche la vie

.
.

De loin en loin
Quelques phrases me parviennent
Bribes de lumière
Dans la nuit des jours
Images sonores de l'absence.
Et remonte le temps
Ressentant l'impact de la rencontre
Toujours aussi vif
Au profond de la mémoire
Malgré les années d'errance.
Le théâtre intime retentit
Une fois encore du destin
De nos vies inachevées.
En comprendrons-nous un jour
Le sens?



On ne fut jamais si heureux
Que par des chemins creux
Une canne sur l'épaule
Un chapelet ruisselant à la ceinture
Les ornières guidaient nos pas
D'enfance sereine
Aussi loin que le jour

.
.

Eaux
Eau des yeux
Sur le visage
Eau du ciel
Lessive le paysage
Eau du ruisseau
Cailloux arrondis
Perles cristallines
Sur la vitre
Sur la joue
Eau de Pâques
A l'aube nouvelle
Eau de feu
soir-tempête
Eau des alvéoles de pierre
Pépinière d'algues et de soleils
Bain d'oiseau
Canicules de juillet
Eaux de ma mère
Heureuse dans la délivrance
Eau sur le carrelage
Parmi les étoiles de verre
Grandes eaux printanières
Déversées par toute la nature
Rosée sur la lèvre
Et la feuille désaltérée
Eau neigeuse et de glace
Mariée au froid
Eau infinie de la mer
Mystère et origines
Puits de sagesse
Trop acquise
Eaux troubles
Des sentiments
Flaques sales et noires
Miroir du temps
Eau diamantaire
Au doigt fiancée
Eau poissonnière
Des lacs et des rivières
Du nord au sud
D'est en ouest
ô



ta main sur mon coeur
chasse les songes
ouvre le jour
à la félicité d'être
beauté du matin
qui s'offre

.
.

Les ombres bougent devant
Leur royaume s'affirme
Dans nos gestes
Sans qu'on n'y prenne garde.
Les cendres déteignent sur nos teints
Haves de marcheurs lunaires.
Si tendre soit la vie
Tu sais que les adieux attendent
Au détour du temps.
Combien de choses retiendront
Notre passage
Sinon la mémoire de nos enfants
Un moment encore.

. .
à la mémoire de Jean-Paul Riopelle

Allongé sur la colline
De hautes herbes
Ombelles et éventails
Comme ciel de lit
J'aurai intégré le tableau
Si rêvé et toujours retenté
Mais cela n'aura d'importance
Mon corps resplendira
Des couleurs du couchant
Poème tu n'auras d'existence
Que dans le chant de l'engoulevent
Là-bas dans les frondaisons
À la merci de la nuit survenante
Je serai déjà parti dans l'Infini

.
.

J'ai attendu tout le jour
Un signe
Maintes fois j'ai pressenti
Sa présence
Sourdre au dedans
Mais sans cesse vaine l'espérance
Ne pas confondre la présence
Et son tremblement
J'ai gardé la lampe allumée
Comme on s'accorde
Quelques minutes de plus
Avant de tirer un trait
Sur sa venue

(janv.-mars 2002)






Francité



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