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Clair-obscur
 




 
 
 

À quoi comparer
Notre vie en ce monde?
À la barque partie
De bon matin
Et qui ne laisse pas de sillage.

Manzei


 
CLAIR-OBSCUR

Lieu incertain
Entre dit et non-dit

Quête de lumière
Au royaume de l'indistinct

Fugitives éclaircies

Lambeaux de sens
Au coeur du tumulte de l'incohérence

Affronter l'aphasie séculaire
Être

Rembrandt 
Bethsabée au bain (1654)
Le Louvre

 
Déjà derrière moi 
Mes pas s'effacent
Courageusement j'avance
En plein Mystère
Le temps

Le temps 
Est 
Un voleur
Il file
Avec nos vies
Sans que nous puissions
Lui mettre la main
Au collet


 
 
 
AMOUR

Amour 
Aujourd'hui
Tu te pares des couleurs du bonheur
Tu aromatises les saveurs du monde
 

Tu te mêles au parfum des roses
Et la rumeur de la vie se confond 
Avec le chant des oiseaux
 

Tu vogues tel un navire
Sous un ciel pur
Avec l'infini comme destination

Mais demain
Cher amour
Sauras-tu retenir les mots cruels
Qui brûlent les lèvres
À la première dispute
Et les suivantes suivront-elles le même chemin

Sauras-tu consoler du dernier abandon
Et remettre à l'endroit un coeur chaviré

Sauras-tu expliquer un refus amer
Et relâcher la dure étreinte 
Dans la poitrine

Non
Pauvre amour
Tu ne sauras pas
Ce n'est pas ta faute
Humain trop humain 
 

Femmes
 

Parfois généreuses
Parfois compréhensives
Parfois vaines et vénales
 

Parfois miséricordieuses
Parfois dévouées à l'excès
Parfois indifférentes et absentes 
 

Parfois belles à en mourir
Parfois cruelles et rebelles
 

Parfois jeunes et irrésistibles
Parfois mûres et mystérieuses
Parfois savantes et sages
Parfois furies
 

Parfois amoureuses
Parfois froides et lointaines...
 

Femmes
Constant mystère
Pour mon âme fascinée.


 
 
Au pèlerin sans cervelle, le pèlerinage lui-même n'est qu'errance.

John Irving


 
 
 
Conte

L'autre jour
Je suis allé rendre visite
À mon voisin
Le vieil arbre au fond de la cour

-Voisin,  je vieillis: j'ai cinquante ans
Amusé
Insensible à ma désolation
L'auguste acer se mit à bruire doucement

- Mon frère, tu commences à peine à connaître les secrets de la vie
Il faut bien cinquante ans pour savoir ce qu'est un vrai verglas
Et bien  plus  pour apprendre tous les airs
Que le vent joue dans mon feuillage
Et pour apprivoiser cette famille de merles et leur offrir refuge
Combien de saisons
Un demi-siècle pour savoir survivre aux étés trop secs 
Et  se remettre de la foudre

Hier
J'ai conversé
Avec mon voisin
Un jeune arbre
Cinquantenaire.

(pour André)

Le saut dans l'éternité

Parvenus au bout du voyage
Impossible de rebrousser chemin
Un instant encore pour se remémorer
L'aventure de vos vies
Besogneuses et généreuses

Une phrase répétée comme un message
Pour prévenir du départ
Des mots simples mais pleins de sens
"On en est là"
Sonnent comme un glas

Il faut abandonner vos enveloppes
C'est le tribut pour être libre
Main dans la main
Comme vous avez vécu
Vous voilà prêts 
Pour le saut dans l'éternité.

(pour Rosaire et Françoise)


 
 

Rembrandt
Philosophe en méditation
1632
Le Louvre

Georges de La Tour
Marie-Madeleine
Le Louvre

 
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Francité